La
superposition quantique montre que les particules existent
à plusieurs endroits de l'univers simultanément, même
à des distances infinies et communiquent entre elles
Mis
en évidence par Schrödinger avec sa célèbre
expérience de pensée du "Chat"
Un
des aspects les plus intrigants de la mécanique quantique
est sans doute l'existence de superpositions
d'états. L'état quantique contient toute l'information
sur un système. Il décrit, par exemple, un atome préparé
dans un niveau d'énergie bien défini ou un électron
localisé à une certaine position dans l'espace. La
mécanique quantique est une théorie linéaire. Cela
signifie que toute somme (toute combinaison linéaire)
d'états possibles est aussi un état possible. Un état
quantique peut donc décrire un atome qui est à la fois
dans deux niveaux d'énergie, un électron qui est localisé
à la fois en deux positions distinctes. L'existence de ces
" états superposition " apparaît clairement dans
les interférences quantiques, très similaires aux
interférences observées en optique ou en acoustique. Dans
l'expérience des " fentes d'Young ", réalisée
depuis peu avec des atomes, l'atome " suit " en
fait simultanément deux chemins dans l'appareil, entre
source et détection, et la probabilité de le détecter à
tel endroit ou tel autre révèle cette " superposition
".
Lorsqu'un
photon rencontre un miroir demi-tain (un miroir demi-tain
est un miroir qui réfléchit la moitié de la lumière qui
lui parvient et laisse passer l'autre moitié) placé à
45°, sa fonction d'onde se sépare en deux. L'une est
réfléchie et l'autre continue sa trajectoire au travers du
miroir. La fonction d'onde du photon a alors deux pics.
Avec
le temps, l'espace entre les deux pics augmente sans limite.
Au bout d'un an, les deux protons de la fonction d'onde
seront séparés de plus d'une année lumière dans
l'espace. Ainsi le photon est en quelque sorte est à deux
endroits au même moment, deux endroits distants d'une
année lumière. Ne peut-on pas considérer le photon comme
ayant 50% de chance de se trouver dans cette position et 50%
dans l'autre ? Car quel que soit le temps écoulé il y a
toujours possibilité que les deux parties soit réfléchies
puis réunies à nouveau et interfèrent (et ceci ne peut
être le résultat d'une probabilité 50-50 que le photon
prenne une route ou l'autre).
Par
conséquent, du moment qu'il y a possibilité que la
fonction d'onde soit a nouveau réduite à un seul pic
(situation avant le passage sur le miroir demi-tain) le
photon en question se comporte comme s'il était à deux
endroits en même temps.
Réalisons
l'expérience suivante : un faisceau lumineux rencontre un
miroir demi-tain positionné à 45° par rapport au
faisceau. Chaque partie du faisceau rencontre ensuite un
miroir à 45° et les deux faisceau sont réfléchis de
façon qu'ils soient réunis sur un dernier miroir
demi-tain. Deux cellules photoélectriques sont placées
dans l'axe des deux faisceaux. Que constate-t-on? S'il
s'agissait d'une probabilité pour que le photon suive une
trajectoire ou l'autre, il y aurait 50-50 de chance que l'un
des 2 détecteurs enregistre le photon.
Mais
ce n'est pas ce qui se produit. Si les deux trajectoires
sont exactement de même longueur, il y a 100% de chance
que le photon atteigne le détecteur A (dans la direction
initiale du photon). Bien entendu, une telle expérience
n'a jamais été réalisée pour des longueurs d'onde de
l'ordre de l'année lumière, mais les physiciens ne
doutent pas du résultat. De telles expériences ont
effectivement été réalisées mais pour des distances de
quelques mètres et les résultats sont en parfait accord
avec les prédictions. Que pouvons nous donc déduire sur
la réalité de l'état d'existence du photon entre sa
rencontre avec le premier miroir et le dernier ? Il semble
inévitable que le photon, d'une façon ou d'une autre,
soit passé par les deux chemins en même temps. Car si un
écran absorbant est placé en travers d'une des deux
routes, alors le photon a autant de chance d'atteindre A
que B.
Lorsque
les deux chemins sont accessibles (et de même longueur),
seul A est atteint, comme si le photon " savait "
qu'il ne peur atteindre B, ce qui signifie qu'il doit avoir
" senti " les deux chemins.
Aussi
étranges que nous paraissent les superpositions quantiques,
elles sont nécessaires pour comprendre le monde
microscopique. En revanche, imaginer leur extension au monde
macroscopique conduit souvent à des absurdités. Schrödinger
imagina ainsi un chat " préparé " dans une
superposition quantique de deux états, le décrivant
respectivement vivant et mort. Si la mécanique quantique
autorise, en principe, des chats vivants et morts, nous
savons bien que le monde ne tolère, à notre échelle, que
des chats vivants ou morts. Il existe donc un mécanisme
excluant ces superpositions. Si l'image du " chat de
Schrödinger " ne doit être prise que comme une métaphore
des superpositions quantiques, celles-ci jouent un rôle
essentiel dans la mesure quantique. Une mesure est une
transcription à l'échelle macroscopique (la position d'une
aiguille...) de l'état d'un système quantique. Si des
superpositions quantiques macroscopiques pouvaient exister,
on devrait observer l'aiguille de nos appareils de mesure
pointant à la fois dans toutes les directions correspondant
à tous les résultats possibles, ce qui n'est bien sûr
jamais le cas.
Imaginons
d'abord une cellule parfaitement close, ne subissant ni ne
produisant aucune influence avec ou sur l'extérieur. Un
chat est placé à l'intérieur de la cellule. Un flacon
contenant du poison est relié à une cellule photoélectrique.
L'événement quantique est la mise en marche d'une
cellule photoélectrique par un photon. Le photon, issu
d'une source lumineuse se reflète sur un miroir demi-tain
(un miroir demi-tain réfléchit la moitié seulement des
rayons lumineux lui parvenant et transmet l'autre moitié).
La réflexion sur le miroir coupe donc la fonction d'onde
du photon en 2 parties, l'une d'elle est réfléchie par
le miroir et va droit sur la cellule photoélectrique qui
provoque la chute du poison et la mort du chat.
L'autre
partie de la fonction d'onde est transmise à travers le
miroir sur le mur, et le chat reste vivant. Si nous nous
plaçons du point de vue d'un observateur à l'extérieur
de cette cellule, pour lui aucune mesure n'a été faite.
L'évolution de l'état quantique du système n'est autre
qu'une superposition d'alternatives jusqu'a l'échelle du
chat. (équation de Schrodinger). Les deux alternatives
sont donc présentes et de même poids. Donc pour
l'observateur à l'extérieur, le chat est dans une
superposition d'états, mort et vivant en même temps..