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Réflexions scientifiques

Déploiement de l'espace par le temps (3)

Auteur:  Pascuser ©

III. L’Illusion de l’univers

1. Le temps projette la matière dans l’espace

Tout ceci renforce l’idée d’une structure projective de l’univers. On peut imaginer la matière comme existant en dehors de l’espace, concentrée en un point sans dimension. La matière se projette dans la bulle d’espace et de temps qui constitue l’univers réel et observable par nos sens. Le temps prend alors la place d’une lampe puissante qui serait centrée dans ce point adimensionnel contenant toute la matière, et qui projetterait les « images » de la matière tout autour.

 

L’univers tel qu’on le connaît devient alors une illusion. La réalité est informe et en dehors de l’espace. Ainsi au lieu de « mettre de l’espace dans la matière », on projette la matière dans l’espace… mais cela reste en quelque sorte virtuel.

 

Il n’y a pas d’ « écran de cinéma » absolu sur lequel on projette ce « film » de matière. L’écran est une « tranche-bulle » d’univers observé ; et notre conscience est un écran en ce sens ; puisqu’elle observe l’univers projeté.

 

L’illusion est celle de la séparation. La matière existe dans la durée, sans espace ; mais la projection de la matière par cette « source de lumière » fait un effet de loupe, qui crée l’espacement. Alors on peut observer les transformations de la matière ; puisque nous-mêmes existons séparément de l’observé : il devient observable. Mais qu’est-ce qui dure vraiment ? La transformation ? L’espace ? Non, ce qui perdure, c’est la matière, qui existe en dehors de ces concepts. Le temps lui-même n’est qu’un projecteur géant. Ce qui perdure, c’est la matière, et elle perdure sans temps. On voit alors que la notion de durée est liée à celle d’existence alors que le temps n’est que le moyen d’observer les transformations par le dépliement de l’espace.

 

Tout ceci fait penser au Mythe de la caverne de Platon ; dans lequel les hommes ne voient que l’illusion de la réalité, en fait les ombres du monde extérieur projetées par un feu sur les parois de la caverne dans laquelle ils vivent.

 

« Assurément de tels hommes n'attribueront de réalité qu'aux ombres des objets fabriqués. Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu'on les guérisse de leur ignorance. Qu'on
détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements, il souffrira et l'éblouissement l'empêchera de distinguer ces objets dont tout à l'heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu'il répondra si quelqu'un lui vient dire qu'il n'a vu jusqu'alors que de vains fantômes, mais qu'à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ? Si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l'oblige à force de questions, à dire ce que c'est ? Ne penses-tu pas qu'il sera embarrassé, et que les ombres qu'il voyait tout à l'heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu'on lui montre maintenant ?
Et si on le force à regarder la lumière elle même, ses yeux n'en seront-ils pas blessés? N'en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu'il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu'on lui montre? »

extrait de la République - Livre VII, Platon  

2. Univers non localisé et physique quantique

 

L'absence de localisation de la matière est une idée en parfaite adéquation avec les préceptes de la physique quantique pour laquelle l'univers entier est décrit par une unique fonction d'onde. 

En mécanique quantique, chaque particule élémentaire est décrite par une fonction d'onde; et lorsque deux particules interagissent (collision, ou autre type d'échange) elles sont alors décrites par une nouvelle fonction d'onde unique; mais ne peuvent plus être décrites par une fonction d'onde séparée pour chacune.

Lorsque les particules ont interagi, même si elles s'éloignent à des millions de kilomètres l'une de l'autre, elles restent décrites par cette fonction d'onde unique; et tout effet sur une particule (mesure quelconque, interaction quelconque) produit par le biais de cette fonction d'onde, une effet instantané sur l'autre. C'est le problème de la non localisation de la matière, qui avait été soulevé par Einstein qui voyait là une contradiction avec le fait qu'une information ne peut pas aller plus vite que la lumière, donc ne peut pas se propager instantanément.... pourtant la physique quantique lui a donné tort. Il faut se référer à l'expérience EPR pour cela.

 

Pour tenter de clarifier cela, on peut imaginer un bocal à poissons rouges contenant un unique poisson filmé par deux caméras, une face au bocal et l'autre sur le côté. L'ensemble de cette installation est caché par un paravent et les seules informations dont dispose le spectateur sont deux écrans directement reliés à chaque caméra. En regardant les deux écrans côte à côte, on pourrait croire que l'on observe deux poissons. Mais si l'on regarde de plus près cependant, on commence à remarquer qu'il y a une sorte de connexion entre eux. Lorsque l'un tourne, l'autre aussi. Lorsque l'un fait face, l'autre présente son coté, et ainsi de suite. Ne connaissant pas la situation réelle, on peut raisonnablement en tirer la conclusion que les deux poissons communiquent instantanément. Mais c'est une illusion.

D'après http://www.onnouscachetout.com/themes/technologie/hologrammes.php

 

Dans la théorie du big-bang qui est adoptée majoritairement aujourd'hui (bien que des éléments tendent à ne pas la confirmer malgré tout...), toute la matière a été issue d'une explosion originelle. Donc toute la matière était en interaction avec elle-même à ses débuts: l'univers entier est donc décrit par une fonction d'onde unique. Ainsi une action sur une partie de l'univers, sur une quelconque de ses particules a des répercussions instantanées sur l'ensemble de toutes les autres particules de l'univers.

On voit bien dans cette conception que la localisation n'a plus de sens; la notion d'espace semble abolie pour la matière qui communique instantanément avec elle-même. Le modèle que je propose de matière existant en dehors de l'espace est bien cohérent avec cette idée.

 

3. Univers holographique

 

" Il n'existe qu'un seul courant, qu'une seule respiration, toutes choses sont en sympathie. L'organisme entier et chaque partie de cet organisme travaillent à la conjonction d'un même dessein... 

Le grand principe s'étend jusqu'aux régions les plus lointaines, et des régions les plus lointaines retourne au grand principe  qui est une seule nature, êtres vivants ou objets inanimés." C. Jung

Selon certains physiciens, comme David Bohm; grand spécialiste quanticien mondialement connu (et aujourd'hui décécdé); l'univers entier est un énorme hologramme.

C'est aussi ce monde que décrit la théorie de l'univers holographique de Karl Pribram, selon lequel la matière et ses "paquets d'énergie" résulteraient de champs d'interférences. De ce point de vue, notre réalité serait comparable à un hologramme. Un hologramme qui ne serait pas seulement fait de lumière comme les hologrammes de la technologie humaine, mais un hologramme fait de matière...

D'après: http://perso.wanadoo.fr/metasystems/Hologramme.html

Cela signifie que chaque morceau de l'univers renferme les informations contenues dans l'ensemble de l'univers, qui n'est alors qu'une projection géante de chacune de ses parties.


Comme le poisson du bocal, notre réalité physique et notre perception de l'univers ne sont donc qu'une gigantesque projection holographique qui cache le fait que toute l'existence est un réseau en forme de toile, une matrice comprenant le temps, l'espace et tout niveau de réalité.

[...]

Les théories de Pribram et de David Bohm portent un regard neuf sur le monde: nos cerveaux construiraient une réalité "concrète" irréelle et la réalité objective n'existerait pas.

Concevoir l'univers comme un hologramme c'est dire que l'espace est une illusion créée par effet holographique; mais n'existe pas en soi. On peut imaginer comme le disent Pribam et Bohm que c'est notre cerveau (ou notre conscience) qui organise l'espace en fonction de ses observations; alors que l'espace n'existe pas.

En conclusion, la non existence de l'espace et la non localisation ne sont pas des concepts nouveaux ... On peut associer cette illusion spatiale à la nature du temps.

 

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